J'ai de grosses saletés à te proposer.
Dans mon oeil humide, il y a surtout de l'admiration pour ta capacité à supporter ta pauvreté. J'enfile ma chemise. Elle est verte avec des lignes moires. Je l'ai achetée assez chère alors je la trouve assez belle. Les coups pleuvaient. Excuse-moi. Je pensais à autre chose. Mais toi tu as du subir des choses affreuses avec ton métier. Les putes souffrent toujours de trucs incroyables. Je monte la braguette de mon jean Diesel. Je suis un skin head qui aime les vêtements italiens. Des trucs modernes, de bonne qualité, faits au pays des fascistes bordéliques. Excuse-moi. Tiens ton fric. J'aimerais, la prochaine fois que l'on se voit, que tu t'épile devant moi. que tu t'épiles l'entement.
J'aimerais voir tes longs doigts, avec tes longs ongles, attraper la bande de cire collée entre tes cuisses. Et d'un coup sec! ... J'imagine bien. Oui j'ai un fils. Tu ne m'as posé la question. Mais je te répond quand même. A ta non question. Le fait que je sois un national me préserve des autres. Ils ne m'aiment pas. J'aimerais que tu me dises que tu m'aimes la prochaine fois qu'on se verra. J'aimerais que tu me dises ça, et je te donnerai plus d'argent. Le double. Tu me diras que tu m'aimes. Tu t'épileras. Et tu me suceras à genoux, devant la fenêtre de la chambre.
Je voudrais que l'on me suce en pensant que l'on m'aime. J'aimerais que l'on me suce que ma bouche suce un cigare en même temps.
ça me plairait de sucer quelque chose en me faisant sucer. J'aimerais lever le bras. Recevoir l'air par la fenêtre et que tu interrompes ta belle pipe, une fois de temps à autres, pour me dire que tu m'aimes. Et je paierai. Et je t'aimerai en retour.
J'attrape mon sac. C'est une sacoche. Mon fils Kévin me dit que ça fait vieux. Mais je suis vieux. Plus de quarante ans. Je suis un vieux crâne rasé. J'ai les phalanges vachement abîmées par toutes mes batailles de rue. Je dis bataille et non bagarre. Parce que je suis un combattant de l'ordre et de ma race.
T'es noire et je sais que ça te plait pas. Mais c'est mon vice, les femmes noires. Et tu me diras que tu m'aimes. Tu me feras un sourire à quatre pattes. Tu me diras que je suis ton homme. Le seul.
Si tu veux. Par amour, j'arrêterais de croire en la nation, la race et l'ordre. C'est confus.
J'allume une dernière cigarette. Il dise tellement de conneries sur la clope. Mon oncle Léon est mort à 78 ans, et il fumait deux paquets de maïs par jour.
Mes rangers sont difficiles à enfiler. Mais celles-ci sont belles. Je les cire tous les jours, comme à l'armée. Regarde moi quand je te parle. Je ne suis pas si salaud. Je suis sympa aussi. Toi je t'épargnerais je pense.
Je te quitte et te fais un clin d'oeil. Je rentrerai vite à l'appart et Kévin aura effectivement acheté le pain.
Je ne sais pas combien de temps je vais accepter ses regards bizarres. Il se tape des putes, pourtant. Lui aussi.
Apologie du Nazisme.
Pourquoi les blancs ne doivent pas sombrer en depression
Andy Verol

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