statistique Hirsute: Jeté à l'abandon (Hirsute 1 - Le 10/01/2006)

9/18/2006

Jeté à l'abandon (Hirsute 1 - Le 10/01/2006)

La douleur et la torture sont infects aux regards des heureux-isolés
Les coulés de pensées-courbatures m'avachissent chaque jour
Et leurs yeux-rieurs moqueurs racontent qu'il faut "positiver"
Que quelques coups-bleus à l'âme peuvent guérir sans détour
Et pourtant je me baffre de nerfzavifs
Quand j'étudie leurs gentillesses-canifs
leurs méchantes idées sur la vie
leur façon si propre de gâcher l'impie.
Les mots sont si faibles. Dans le mur. Se jeter dans le mur. Secrètement maintenant pour cesser de bouleverser leurs existences faciles. ils sont facilement plaintifs. Ils te conseillent, ils te démontrent que tout est fini. Mais ils ne savent pas, ils n'assimilent pas. Ils n'acceptent pas l'autre normalité... Celle de celui qu'ils appellent "Fou". C'était pourtant faux. Je n'étais pas fou de l'attendre comme ça, tous les jours. Je n'étais pas plus "décalé" que le type qui, tous les jours, durant 35 années de sa vie, répète le même jour sans fin afin de remplir son estomac.
Cave n'était pas plus dingue que le flic qui explose un homme à terre, qui l'insulte et qui oublie son serment.
Nous n'étions pas, mon frère et moi, plus malades que ces familles qui se déchirent sans jamais s'engueuler, qui croupissent dans les non-dits. Je révèle à tous la vie de mon frère Cave, mon frère qui était le héro de son public, le bourreau de ses maîtresses, l'absent de ma vie.
Lorsque je le regardais les yeux perdus dans sa furie, le corps tremblant, les membres raides, je m'imaginais le serrer contre moi afin d'absorber toutes ses douleurs, ses terreurs... Ce sont des choses que, "les gens normaux", ne peuvent jamais comprendre. ils agissent uniquement en fonction d'une norme, d'une pensée dite normale, d'une moyenne sociale, d'un segment socio-culturel reconnu par tous.

Je ne sais pas pourquoi tout ça ressurgit aujourd'hui... L'un de ses potes Daniel D. a écrit ceci récemment: "Pardonnez nos enfances comme nous pardonnons à ceux qui nous ont enfantés". Tout comme lui, mais une décennie plus tard, en 1990, mon frère Cave s'était ouvert les veines sur scène... C'est Seb, son tourneur qui me l'avait raconté. Difficile d'admirer ce genre de gestes. Mais pour moi c'était l'acte de vie suprême.

Andy Verol

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